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La mode en Slovaquie après la seconde guerre mondiale

Le monde se relève. Chaque pays à sa façon !

 La période d’après-guerre est marquée par l’existence du marché noir et le manque de matières premières dans l’industrie. Celle-ci a du mal à répondre aux besoins de reconstruction de tout un pays. En plus de ce contexte difficile mais mondial, l’arrivée des communistes au pouvoir en 1948 provoque une réorganisation totale et radicale de l’économie nationale.  

Du privé au national. L’idéologie à travers les vêtements.

 L’industrie d’habillement ne fait pas exception dans la révolution communiste. Les ateliers privés sont nationalisés. Cependant, le nouveau pouvoir comprend l’importance de la mode pour diffuser son idéologie. Pour cette raison, on investit beaucoup dans cette industrie. Le vêtement doit refléter les valeurs morales mais souligner également sa propre identité. La société communiste lutte contre le luxe et le capitalisme, souhaite gommer les différences sociales. La mode, notamment féminine, doit correspondre aux nouveaux besoins de la femme qui travaille. Puisqu’il est compliqué d’habiller toute une nation avec les procédés de fabrication lourds et les belles et coûteuses matières de la période d’avant la guerre, l’industrie se tourne vers les solutions plus économiques. On s’inspire de l’habillement traditionnel et populaire et on habille tout d’abord les travailleurs. On préfère les tissus locaux et naturels comme le lin ou imprimés à l’indigo ainsi que les techniques traditionnelles comme la dentelle ou la broderie. L’économie se fait aussi en baissant le nombre de modèles et la qualité de fabrication. En liquidant les ateliers privés, on crée des « coopératives » comme VZOR ODEV qui font de la couture sur mesure ou pour des catégories particulières – enfants, grandes tailles ou lingerie. Il existe également une coopérative très connue VKUS BRATISLAVA qui s’occupe en plus des costumes de théâtre. Trois usines sont fondées en Slovaquie : à Trencin, à Presov et Makyta Puchov. Cependant, la fabrication en Tchécoslovaquie est gérée par Prague qui valide les collections pour les marchés intérieur et extérieur. Les communistes investissent dans la formation des professionnels. Ils comprennent l’importance de la publicité.  Pour le développement de la mode, ils n’hésitent pas à envoyer les stylistes à l’étranger. Ils impriment un magazine de mode « Moda » qui doit influencer massivement les femmes au niveau des questions de l’esthétique et de la fonctionnalité du vêtement.  

Les années 50 avec le recyclage et la polyvalence du vêtement

 Le défilé de mode New look de Christian Dior à Paris en 1947 apporte une nouvelle tendance – la silhouette en X. Malgré la condamnation du luxe et du gaspillage par le système communiste, la mode tchécoslovaque s’inspire bien de cette tendance en l’adaptant au contexte. On encourage la création et la couture à la maison, les patrons pour confectionner les vêtements ne manquent pas ! A la maison on revisite les vieux modèles, on les modernise, on les personnalise. Les femmes préfèrent les habits polyvalents qu’elles peuvent mettre à plusieurs occasions juste en les accessoirisant (col, ceinture, bijoux, dentelle, broderie). On constate le retour du foulard à la place du chapeau. En plus, ce carré de tissu permet de distiller des messages importants sur le travail ou la paix par exemple. Concernant la mode masculine, celle-ci subit moins l’influence des tendances. Elle reste plus classique. L’habit doit être informel, pratique et doit répondre aux besoins de l’homme sportif. La chemise est remplacée par le petit pull.  

Les années 60 et l’individu qui compte !

 Ce sont les années du dégel ! La mode tchécoslovaque s’inspire de plus en plus des tendances étrangères. On constate de moins en moins de différence entre l’est et l’ouest ! Les collections sont présentées de telle façon que chaque femme peut s’exprimer en combinant les couleurs, les motifs ou les matières. Les clients exigent de la qualité et de la tendance ! Le culte de la jeunesse s’impose aussi en Tchécoslovaquie, notamment l’image de la femme Lolita représentée par le mannequin Twiggy. Cet esprit de libération se voit aussi dans le fait que pour la première fois Christian Dior organise un défilé de mode à Prague en 1966. Cela donne, en plus, la possibilité aux stylistes tchécoslovaques de comparer les tendances ! L’abstrait et le ludique s’invitent dans les tissus. Les lignes sont en général plus naturelles, épousent le corps, les jupes sont plus courtes. Les femmes aiment les silhouettes en H, en Y ou A. On remarque le retour des chapeaux mais aussi l’apparition des capuches, des chapkas ou des turbans.  Les robes de mariés se présentent avec des minijupes et les femmes portent le pantalon pour n’importe quelle occasion et pas seulement au travail. A la fin des années 60 et avec l’arrivée des Hippies, on utilise dans la confection la technique du crochet, imprimés fleuris, le jeans et le T-shirt. Au niveau des matières, on privilégie toujours des tissus locaux mais les matières synthétiques qui font leur apparition sont plus faciles d’entretien et moins coûteuses. On intègre aussi le fil métallique et on propose les tissus comme le lurex ou le lamé.  

Les gens normaux se débrouillent !

 Etant enfant dans la Tchécoslovaquie communiste, j’ai eu beaucoup de chance ! Ma maman était couturière ! Elle cousait, elle transformait, elle valorisait…Grâce à elle je me   suis toujours trouvée tendance malgré le fait que par exemple pour l’hiver dans toute la Slovaquie il y avait 5 modèles de blousons pour fillettes. On était habillé tous pareil ! Enfin comme aujourd’hui avec les multinationales. Les pieds de nos enfants sont tous chaussés par les mêmes marques…Je ne sais pas par quel miracle elle réussissait à se procurer les BURDA avec les patrons ! Je les ai regardés à nouveau l’été dernier et je me suis rendue compte qu’avant 1990 ils étaient tous traduits en russe et ensuite on avait la version allemande. Cela ne change rien car les patrons sont tous les mêmes ! Pour écrire cet article je me suis appuyé sur l'œuvre: K Dejinam dizajnu na Slovensku .  
La majolique de Modra.

La tradition de la majolique de Modra.

En 1883, la ville de Modra avec Le ministère hongrois de l’Industrie créent une école professionnelle de céramique. Grâce à cette école et sa manufacture, la faïencerie de Modra continue de produire encore aujourd’hui. Au départ, les élèves apprennent les bases – savoir tourner, peindre et cuire les objets en céramique. Plus tard, la manufacture devient privée mais sa tradition ainsi que le catalogue des objets sont repris par les nouveaux gérants. C’est entre les deux guerres que la faïencerie de Modra connaît un grand succès. La manufacture emploie des artistes professionnels qui transmettent savoir faire en peinture aux céramistes. La faïencerie est mondialement reconnue et récompensée par exemple lors de l’Exposition universelle de Paris en 1926 où elle obtient le Grand prix !
Le lin - une plante, une fibre, un tissu

Le lin – une plante, une fibre, un tissu.

Le tissu issu du lin est fin et pourtant robuste. Au contraire, plus il est lavé, plus il est soyeux, brillant et il se décolore un peu. Il accompagne les gens pendant toute leur vie. Les gens en fabrique des habits de fête ou alors du linge de lit et de maison ( torchons, rideaux, nappes).
Design graphique en Slovaquie entre les deux guerres

Design graphique en Slovaquie entre les deux guerres.

D’ailleurs, le directeur du Musée de l’est Slovaque de cette période, Jozef Polak, exprime la nécessité que l’art aille vers les gens, dans les rues et sorte des galeries d’art. Pour cette raison, il utilise les affiches d’expositions qui pour lui n’ont pas juste un rôle d’information mais également un rôle éducatif. Ses initiatives répondent aussi aux changements sociétaux suite à la création de la Tchécoslovaquie. On cherche à définir et à présenter aux gens l’identité de la nouvelle culture slovaque. Celle qui s’intègre dans des nouveaux mouvements artistiques.
Tesla Bratislava. Pour les adeptes des radios vintage

Tesla Bratislava. Pour les adeptes des radios vintage!

La principale activité de Tesla Bratislava est la production des radios et des ampoules de tous genres – les radios domestiques, portables et même pour les voitures. La capacité de production est régulièrement augmentée pour arriver à 100 000 radios fabriquées annuellement en 1953. La société crée en 1958 son propre lycée professionnel avec plusieurs filières comme la mécanique, l’électromécanique et autres. Ainsi elle forme ses futurs salariés.
Luminaires anciens et vintage de Kamenicky Senov.

Luminaires anciens et vintage de Kamenicky Senov.

La fabrication et le commerce des luminaires en cristal s’installent à Kamenicky Senov (nord de la Tchéquie) et ses environs vers 1725. C’est Josef Palme qui s’y spécialise en premier et qui arrive à les exporter dans toutes les cours européennes. Ses lustres décorent les palais en Scandinavie, Russie, Turquie, Espagne et même en France.
Le textile et sa place dans le design tchécoslovaque.

Le textile et sa place dans le design tchécoslovaque.

Le textile est devenu à nouveau un article porteur et recherché dans les années 1930. Il est abandonné pendant la période du fonctionnalisme quand on lui accole une image de superflu, de produit peu hygiénique, trop décoratif et pas nécessairement utile dans l’aménagement de l’intérieur. Cependant, les clients recherchent des produits qui leur procurent une sensation de toucher agréable et confortable.
Mes jouets. Une histoire plein de nostalgie.

Mes jouets. Une histoire plein de nostalgie.

De temps en temps, enfin régulièrement, elle m’achetait une petite poupée, minuscule, en cellulose, avec les bras et les jambes détachables grâce à un système d’élastiques. Mais surtout, avec plein d’accessoires ! Biberons, baignoire, berceau…C’était très pratique car de petite taille, la poupée pouvait m’accompagner partout !
Vaclav Kautman.

Vaclav Kautman. Ses influences dans le design slovaque.

pendant cette période, il crée des petits objets d’art de la table comme des salières, des bougeoirs, des boîtes ainsi que ses fameuses sculptures d’animaux, notamment des poissons et des oiseaux. Il exprime à travers cette production son envie de formes stylisées, simples et modernes. En plus, il utilise toutes les techniques possibles, même très anciennes, et des essences de bois variées. Son travail peut être défini comme une recherche d’harmonie, un lien entre les caractéristiques naturelles d’un matériau vivant et la sensibilité créative de l’auteur.
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