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La dentelle aux fuseaux

La dentelle aux fuseaux

Cette fois-ci je souhaite m’attaquer au sujet de la dentelle aux fuseaux. J’ai deux raisons à cela :

Tout d’abord, la dentelle aux fuseaux est une part essentielle de l’artisanat slovaque. J’ai pu admirer cette technique déjà pendant mon enfance. Et même aujourd’hui, à ma grande surprise, de nombreux cours sont dispensés en Slovaquie pour l’apprendre. Ensuite, j’ai chiné pour vous une magnifique collection de tableaux en dentelle aux fuseaux. Certes, c’est une artiste tchèque qui les a réalisés. Mais ils m’ont séduit par le travail moderne et artistique en s’inspirant de l’artisanat!

L’histoire – quand tous les chemins mènent en Italie.

La dentelle apparaît tout d’abord dans l’Italie de Renaissance au 14ème siècle. En revanche, la technique de la dentelle aux fuseaux y connaît ses débuts au 15ème siècle. On en découvre les premières traces dans l’Empire austro-hongrois (dont la Slovaquie faisait partie à l’époque) au milieu du 16ème siècle. L’aristocratie hongroise l’utilise sur les tenues mais également sur le linge de maison comme un élément d’ornement. Nous pouvons l’admirer en or et en argent aussi sur les textiles sacrés (liturgiques).

La dentelle vient au départ d’Italie, de France ou de Tchéquie. Puis, sa fabrication commence à se développer sur le territoire slovaque avec l’arrivée des mineurs allemands. C’est pour cette raison que les premiers centres de fabrication de la dentelle aux fuseaux se situent au centre de la Slovaquie, là où on découvre les mines d’argent. Nous distinguons alors les dentelles des mineurs et les dentelles des paysans. Les premiers fabriquent une dentelle essentiellement destinée à la vente, essentiellement pour l’exporter. Les dentelles sont soit blanches ou de couleur crème avec des motifs géométriques. Les paysans fabriquent la dentelle pour leur propres besoins. Ils utilisent les fils plus costauds et moins précieux pour donner davantage de solidité à leur ouvrage. Les paysans s’inspirent de la tradition de leur localité au niveau des motifs et des couleurs.

Au 19ème siècle, l’intérêt pour la dentelle aux fuseaux faiblit, notamment auprès de sa clientèle citadine. Ainsi, les dentelliers s’adaptent à cette situation en l’introduisant à la campagne et en respectant les goûts de cette société. Après la seconde guerre mondiale, c’est ULUV ( Centre de fabrication populaire et artistique) qui met tout en œuvre pour que la technique de la dentelle aux fuseaux ne disparaisse pas en organisant des cours et en soutenant les artisans et les artistes. L’utilisation de cette dentelle change progressivement. On continue à l’appliquer comme passementerie mais on crée également des tissus en dentelle qui sont à la fin transformés par exemple en linge de table.

La matière – les fils locaux sont à l’honneur !

Les fils utilisés pour fabriquer la dentelle aux fuseaux sont intimement liés à l’époque et à la localité de leur création. Par exemple, les dentelles très anciennes qui sont découvertes en Slovaquie mais dont le lieu de fabrication n’est pas sûr, sont faites avec des fils métalliques et de soie. Les mineurs utilisent surtout le fil de lin. Les paysans utilisent le lin mais également le chanvre ou la laine qui est plus attractive au niveau des couleurs. Dans certaines régions nous pouvons même découvrir la dentelle fabriquée en fil d’ortie. Au 20ème siècle, c’est le coton qui fait son apparition et qui est très intéressant par les nombreuses couleurs disponibles. Et à la fin, pour la production de la dentelle aux fuseaux, les fabricants utilisent les fibres synthétiques.

Deux mouvements sont la base de cette technique – croiser et tourner !

Concernant la technique de la dentelle aux fuseaux, il s’agit finalement du tissage à l’aide de fuseaux en utilisant les fils qui sont croisés et tournés. La forme du fuseau dépend de la finalité qu’on va donner à l’ouvrage. L’extrémité la plus fine du fuseau sert à tourner le fil et l’autre plus ronde à le tenir convenablement dans la main. Le métier à dentelle s’appelle un carreau et il a la forme d’un cylindre. La dentellière suit le modèle qu’elle a dessiné auparavant sur un carton, fixé sur le carreau. La dentelle naissante sur le métier est maintenue par les épingles. Leur nombre dépend du type de dentelle réalisée.

De l’artisanat vers le design et vice-versa !

Les tableaux en dentelle aux fuseaux que je vous propose dans ma boutique sont un exemple réussi du croisement de l’artisanat, de l’art et du design en Tchécoslovaquie. Nous pouvons rencontrer ce croisement également dans le design scandinave ou japonais. L’artisanat apporte sa technique, son savoir faire qui se transmettent de génération en génération. Le design, en s’appropriant la technique, cherche un nouveau regard dans la forme, la couleur, l’utilité. Il rend l’objet plus moderne et en adéquation avec son époque. Et l’art dans tout cela ? L’artiste utilise la technique pour exprimer, évoquer, inciter par la beauté de l’œuvre.

Le design japonais

Le design japonais

Cette fois-ci j’ai envie de partager avec vous ma lecture autour du design japonais. J’ai reçu pour mon anniversaire un très très beau livre qui s’appelle : « Le design japonais depuis 1945 ». Ce livre est vraiment complet avec la présentation des designers, leurs parcours et leurs créations. Le texte est accompagné par de nombreuses photos de belle qualité.

Je ne suis pas fan ni d’électrotechnique ni de manga. Deux domaines qui ont fait connaître Japon dans le monde entier. Par contre, j’ai toujours été très sensible à l’art japonais tous domaines confondus – l’écriture, les tissus, la céramique, l’architecture, les dessins animés….Cependant, je ne me rendais pas compte de ce qui me rendait si réceptive. En lisant mon livre, j’ai pu comprendre comment le designer japonais est tiraillé entre les tendances du monde occidental et l’énorme savoir faire traditionnel artisanal japonais. Je crois qu’il est là le pont qui me relie au design japonais. Car finalement nous pouvons trouver cette cohabitation entre le monde moderne et l’artisanat aussi dans le design tchécoslovaque ou scandinave.

Même en dehors des objets, un certain art de vivre ainsi que la philosophie japonais me parlent. Le wabi sabi avec la sublimation de l’imparfait et la notion de l’éphémère. Le kintsugi qui permet de réparer les objets abîmés en soulignant justement les cassures d’une manière noble. Nous pouvons transposer ces deux arts au niveau relationnel, ils peuvent nous guider dans nos vie. Ils nous donnent la possibilité de nous attacher aux autres d’une façon juste et non destructrice, à nous accepter avec nos qualités et nos défauts. Mais surtout, ils sont loin de la perfection et permettent la réparation !

J’aimerais bien vous présenter enfin les bases et la vision du design japonais tel que je l’ai découvert dans mon livre. Tout d’abord, la première caractéristique est l’admiration de l’artisanat. Les Japonais aiment voir dans leurs objets « la main de l’ouvrier », sa précision, la beauté des matériaux. Ils aiment reproduire à l’infini l’ancien en le normalisant (p.e. le tatami qui doit être toujours de la même taille). Mais surtout ils en inspirent pour de nouvelles créations. La tradition est là mais elle évolue constamment.

Paradoxalement, concernant la fabrication au Japon, nombreux objets sont produits en masse et industriellement. Mais finalement, pour les japonais, cela ne s’oppose aucunement à l’artisanat car même un robot ou une machine sont guidés par la main et l’œil d’un ouvrier. Le fait main n’est pas seulement un acte physique mais aussi un état d’esprit.

La conception du design est tardive au pays du soleil levant par rapport aux USA ou l’Europe. Effectivement, à la fin du 19ème siècle, pendant la période Meiji, le Japon a beaucoup exporté en Europe. Par contre il s'agit des produits « japonisants » qui ont été adaptés aux goûts des occidentaux. Toutefois, comme en Tchécoslovaquie, c’est après la seconde guerre mondiale que le Japon a besoin de se reconstruire. C’est à ce moment que le gouvernement investit dans le développement du design. La priorité est donné davantage à la fonction des objets. Le Japon collabore étroitement avec les USA dans sa reconstruction. De ce fait, toute la société est influencée par le mode de vie américain.

Dans les années 1950-60 le Japon s’inspire également du savoir faire scandinave et dans la décennie 1970 de l’exubérance du design italien. Tout d’abord, c’est le design graphique qui est très actif pour justement promouvoir les nouveaux fabricants, les nouveaux objets. Les designers essaient de moins imiter les occidentaux. L’importance est donnée à l’invention et l’originalité. C’est notamment grâce aux JO de Tokyo en 1964 et les expositions universelles que les produits japonais se font connaître.

Les années 1980 sont marquées surtout par l’industrie électronique. On peut aussi observer une tendance « ostentatoire » du design japonais qui ne reflète pas tellement la mentalité nipponne. Après ces années de croissance, le Japon connaît un ralentissement industriel ainsi que le vieillissement de ses installations. Les jeunes designers ne trouvent plus d’emploi et sont obligés d’ouvrir leur propres studios. Par contre, le design se tourne vers une expression plus sobre, la forme et la fonction deviennent à nouveau primordiales.

Dans les années 2000 une collaboration étroite se met en place entre les jeunes talents et les usines en perte de vitesse pour revitaliser l’industrie. Les objets sont repensés, adaptés à la nouvelle ère. Le design doit devenir un art de vivre, c’est l’expérience qui compte et non seulement la forme.

En lisant cet ouvrage, certains concepts m’ont touché davantage. Déjà, le concept de l’entreprise Muji est assez fort : « Parfois, la simplicité surpasse la splendeur. » Les produits de Muji sont reconnaissables par leur discrétion – couleurs neutres et formes douces. L’accent est mis sur la fonctionnalité.

Le designer Mikiya Kobayashi dit : « Si on trace une belle ligne, l’espace autour est beau aussi. » Ses créations sont sobres, épurées et respectueuses de l’environnement. Il a par exemple développé une gamme d’équipements sportifs qui sont fonctionnels mais également esthétiques.

Un autre designer, Masahiro Mori s’inspire dans son approche de la vaisselle de ses observations menées lors de la seconde guerre mondiale et notamment des avions: « Une hélice est très belle, parce qu’elle présente un équilibre parfait entre la forme et la fonction. »Il souhaite que la vaisselle ne se différencie pas seulement par des décors de surface.

Le designer de textile Hiroshi Awatsuji explique : « J’ai toujours pensé que les textiles devraient être plus dynamiques que tout ce que j’avais vu jusqu’à présent, et cette idée est peu à peu devenue une sorte d’obsession. » Sa créativité s’exprime tout d’abord dans le tissu mais également dans la céramique ou les meubles. Il aime les couleurs éclatantes – jaune brillant, rouge vif ou encore bleu profond.

Bon, bon…..voici une très très brève synthèse du livre faite par moi et donc avec ma sensibilité. D’autres personnes auraient pu peut être souligner d’autres atouts du design japonais et vous présenter d’autres designers. De toute façon, si la lecture de mon article vous a plu mais n’a pas tout à fait satisfait votre curiosité, je vous recommande vraiment ce livre sur le design japonais !

Le lin - une plante, une fibre, un tissu

Le lin – une plante, une fibre, un tissu.

Le tissu issu du lin est fin et pourtant robuste. Au contraire, plus il est lavé, plus il est soyeux, brillant et il se décolore un peu. Il accompagne les gens pendant toute leur vie. Les gens en fabrique des habits de fête ou alors du linge de lit et de maison ( torchons, rideaux, nappes).
Brocante peut-elle être tendance?

La brocante peut-elle être tendance?

A première vue, la brocante et la tendance ne vont pas ensemble. L’une qui traverse les temps et donc par principe ne correspond pas à une orientation du moment donné. L’autre qui change environ une fois par an au niveau de la décoration! Suivre les tendances insinue également le fait de changer régulièrement son aménagement et ses objets de décoration. Les tendances nous poussent à consommer et en général à consommer pour pas cher. Cela implique évidemment une fabrication à bas prix à l’étranger, l’utilisation de matériaux de moindre qualité. En plus, certains produits sont tellement marqués par la tendance du moment qu’après ils deviennent tout simplement démodés.
La beauté dans l'imperfection.

La Beauté dans l’imperfection.

Cette semaine j’ai des difficultés à trouver de l’inspiration pour mon blog. Pourtant quelques notions s’invitent sans pour autant que je sache comment les traiter. Puisqu’il s’agit des thèmes avec une perception relativement subjective – le changement, la beauté, l’esthétique, notre place ici, la liberté. De loin, on dirait : Rien à voir ! De près, je me dis quand même….Je vous raconte alors cette histoire autour de la beauté dans l'imperfection.

Le changement. En général, le changement provoque chez moi un sentiment d’appréhension au début mais ensuite une nouvelle énergie positive. C’est pourtant le changement qui m’a fait quitter une belle carrière dans le social. Pourquoi ? Car il semble évident que chaque changement demande le déploiement de nouveaux moyens. Mais la société d’aujourd’hui veut le changement sans investir davantage. Obtenir plus avec moins. La confrontation entre le changement imposé et mes valeurs m’est devenu insupportable. Et donc, il fallait que j’envisage un nouveau départ, une nouvelle vie….un changement radical.

Je déménage, avec ma petite famille. Je change de région. Et surtout je vais changer d’habitat ! Des questions inattendues me viennent à l’esprit. Je m’adapte à mes nouvelles réflexions. Quel choix faire ? Une maison à construire ? J’en rêve d’une, inspirée de la culture japonaise. Je fais mes recherches, les idées, les bonnes personnes. J’ai envie de grand, modulable, fluide. Sans excès et sans luxe. Une maison seule, éloignée, perdue. Il y a quelques années, je découvre kintsugi – art japonais qui permet de réparer les objets brisés en assumant la cassure et même en la mettant en valeur avec de l’or. Ce principe est parfaitement transposable à l’être humain. La réparation des situtations douloureuses demande du temps, de la concentration, repose sur de multiples étapes, pour à la fin en tirer bénéfice.

Nous, les Européens, avons une autre façon de fonctionner. On répare d’une manière invisible pour donner l’impression du neuf, sans abîme. Comme si pour préserver l’histoire, la beauté ou l’authenticité d’un objet, il faudrait le rendre parfait. Deuxième approche japonaise qui m’inspire et qui va dans le même sens est l'art de vivre Wabi Sabi. C’est un art de la perfection de l’imparfait, on cherche la beauté dans l’inattendu. Wabi est lié à la plénitude et la simplicité que nous pouvons trouver dans l'observation de la nature par exemple et Sabi exprime le temps qui passe avec ses patines. Il faut savoir apprécier l’impermanence, chercher la beauté dans le simple, l'humble et l' imparfait. Dans la décoration, Wabi Sabi se tourne vers l’artisanat avec ses irrégularités et imperfections.

Ensuite, notre appartement vendu rapidement, je commence à regarder les annonces immobilières. Et patatras ! Je tombe sur des maisons de ville. Rien de telle n’est envisagé jusque là. Des maisons bourgeoises, avec une histoire, un vieux parquet, les grandes fenêtres…Je tombe sous le charme. Est-ce que c’est finalement l’attachement à ma culture européenne qui est plus fort qu’une approche philosophique ? Finalement, ça se tient. Je ne suis pas si infidèle. Pourquoi vouloir construire une nouvelle maison quand il y en a tant qui sont vides ? On peut upcycler nos vieilles bâtisses. Respecter ce qui a été déjà fait et juste lui rajouter un petit plus pour le valoriser. Je trouve que je suis finalement assez cohérente.

Comme avec ma brocante en ligne. Il s’agit d’essayer de vivre d’une activité passionnante, de valoriser un patrimoine déjà existant, de ne plus consommer du neuf qui copie éternellement l’ancien. De profiter de la beauté qui nous entoure et qui nous nourrit. Et puis, je pense malgré tout que même en rénovant une maison du 17ème siècle, je peux m’inspirer du Kintsugi ou du Wabi Sabi. Comment ? Ne pas vouloir refaire tous les murs pour qu’ils soient droits, ne pas cacher tous les tuyaux, mettre en valeur les objets avec leurs histoires et la patine du temps….A nous de nous adapter.

Je crois que c’est là, le point de départ de la question sur la beauté. François Cheng dit : « que chaque être est unique et irremplaçable et qu’il porte en son sein cette capacité à la beauté…. »

La beauté extérieure, perceptible par nos sens quand on contemple un magnifique tableau. Il nous procure une émotion – surprise, étonnement, questionnement. Et la beauté intérieure donc invisible quand on côtoie une personne « bonne ». Tout être humain a besoin de la beauté qui nous élève. Elle n’est pas liée au luxe, on peut la trouver partout.

Selon Kant, la beauté est soit naturelle, soit adhérente. La beauté est libre quand elle ne répond à aucune règle. Par contre, la beauté est adhérente quand elle a une finalité. Celle-ci est souvent conceptuelle et doit apporter la perfection et une sorte de satisfaction. De la même manière, Kant oppose le beau et l’agréable. Le beau peut prétendre à l’universalité car il est dépouillé de tout intérêt. L’agréable est forcément subjectif car il correspond à une sensation ou émotion personnelle et individuelle.

D’ailleurs, Kant constate que le goût des gens s’accorde plus facilement sur la notion d’agréable que sur le beau. Il distingue le goût des sens qui a un lien privé et le goût de réflexion ou connaissance qui prétend à l’universalité. Pourtant, puisque le goût des sens est communicable, malgré sa subjectivité il tend vers l’universalité. Il s’opère alors d’une manière libre et indéterminée. Il est pour Kant plus pur. Tandis que le jugement de connaissance est toujours fondé sur un concept, il se soumet à des réglementations, il est donc adhérent.

Dans le design par exemple, la beauté est adhérente si on suit le concept de Kant car en général l’objet doit être innovant, utile, esthétique, claire, honnête et discret. On attend de lui alors une finalité, il s’agit d’un concept. Dans l’art Kant souligne la beauté d’une forme. Les ornements ainsi que la couleur nuisent à la beauté authentique selon lui car attirent trop d’attention, une fin en soi.

Ici je me pose la question des tendances. Pour mieux vendre, il faut proposer des produits tendances ! C’est pour cela que quand vous cherchez une table d’appoint et faites le tour des boutiques, vous découvrez partout le même modèle, juste décliné en dix façons. Cette beauté est soumise (ou barbare selon Kant) car répond aux critères de la société. Elle se veut universelle car tendance et les créateurs de tendances prétendent que tout le monde doit pouvoir apprécier leurs concepts.

Il faut distinguer la beauté de l’esthétique. Tout ce qui est beau n’est pas forcément esthétique et vice-versa. Par exemple, au 15ème siècle Jérôme Bosch introduit dans la peinture la laideur. Pourtant, l’esthétisme est recherché dans son travail. Dans la peinture classique, les artistes cherchent l’harmonie et la perfection. Ainsi, l’art répond aux critères de la beauté universelle. Cependant, à partir du 19ème siècle avec les nouveaux mouvements esthétiques comme l’impressionnisme, le fauvisme, le cubisme, l’art n’est pas nécessairement beau mais plus tôt authentique, il reflète les perceptions, les interprétations ou les jugements de l’auteur.

C’est pour cela qu’il n’est pas toujours évident de chiner des objets qui vont plaire ! Entre les « classiques » qui sont intemporels donc tendances souvent et ceux que je choisis pour une raison inexplicable et que je trouve personnellement " beaux ", je me pose souvent la question : quelle approche dois-je privilégier ? Pour le moment, j’arrive à faire cohabiter les deux et j’espère que chacun de vous peut se régaler en naviguant sur ma boutique.

Design graphique en Slovaquie entre les deux guerres

Design graphique en Slovaquie entre les deux guerres.

D’ailleurs, le directeur du Musée de l’est Slovaque de cette période, Jozef Polak, exprime la nécessité que l’art aille vers les gens, dans les rues et sorte des galeries d’art. Pour cette raison, il utilise les affiches d’expositions qui pour lui n’ont pas juste un rôle d’information mais également un rôle éducatif. Ses initiatives répondent aussi aux changements sociétaux suite à la création de la Tchécoslovaquie. On cherche à définir et à présenter aux gens l’identité de la nouvelle culture slovaque. Celle qui s’intègre dans des nouveaux mouvements artistiques.
Tesla Bratislava. Pour les adeptes des radios vintage

Tesla Bratislava. Pour les adeptes des radios vintage!

La principale activité de Tesla Bratislava est la production des radios et des ampoules de tous genres – les radios domestiques, portables et même pour les voitures. La capacité de production est régulièrement augmentée pour arriver à 100 000 radios fabriquées annuellement en 1953. La société crée en 1958 son propre lycée professionnel avec plusieurs filières comme la mécanique, l’électromécanique et autres. Ainsi elle forme ses futurs salariés.
Luminaires anciens et vintage de Kamenicky Senov.

Luminaires anciens et vintage de Kamenicky Senov.

La fabrication et le commerce des luminaires en cristal s’installent à Kamenicky Senov (nord de la Tchéquie) et ses environs vers 1725. C’est Josef Palme qui s’y spécialise en premier et qui arrive à les exporter dans toutes les cours européennes. Ses lustres décorent les palais en Scandinavie, Russie, Turquie, Espagne et même en France.
Le textile et sa place dans le design tchécoslovaque.

Le textile et sa place dans le design tchécoslovaque.

Le textile est devenu à nouveau un article porteur et recherché dans les années 1930. Il est abandonné pendant la période du fonctionnalisme quand on lui accole une image de superflu, de produit peu hygiénique, trop décoratif et pas nécessairement utile dans l’aménagement de l’intérieur. Cependant, les clients recherchent des produits qui leur procurent une sensation de toucher agréable et confortable.
Mes jouets. Une histoire plein de nostalgie.

Mes jouets. Une histoire plein de nostalgie.

De temps en temps, enfin régulièrement, elle m’achetait une petite poupée, minuscule, en cellulose, avec les bras et les jambes détachables grâce à un système d’élastiques. Mais surtout, avec plein d’accessoires ! Biberons, baignoire, berceau…C’était très pratique car de petite taille, la poupée pouvait m’accompagner partout !
Vaclav Kautman.

Vaclav Kautman. Ses influences dans le design slovaque.

pendant cette période, il crée des petits objets d’art de la table comme des salières, des bougeoirs, des boîtes ainsi que ses fameuses sculptures d’animaux, notamment des poissons et des oiseaux. Il exprime à travers cette production son envie de formes stylisées, simples et modernes. En plus, il utilise toutes les techniques possibles, même très anciennes, et des essences de bois variées. Son travail peut être défini comme une recherche d’harmonie, un lien entre les caractéristiques naturelles d’un matériau vivant et la sensibilité créative de l’auteur.
Calicots à la teinture d'indigo

Calicots à la teinture d’indigo. Modrotlac, la fabrication des tissus.

Il s’agit souvent des calicots en coton, lin ou chanvre, trois plantes cultivées en Slovaquie et utilisées dans la fabrication des tissus. Et puis la teinture d’indigo avec ce bleu profond et des motifs souvent blancs. Tout est relié à la nature, puisque les artisans mettent en valeur les richesses naturelles de leurs régions. Ils s’inspirent par exemple des fleurs et des feuillages pour créer les ornements.
Sandrik

Sandrik. Une manufacture mondialement connue dans la fabrication des objets en argent et autres métaux.

Pour apporter plus de modernité, le baron Berks engage un nouveau dessinateur en 1899 qui est Jan Peterka. C’est lui qui dessine des objets du style art nouveau à l’Exposition mondiale de Paris en 1900 pour lesquels Sandrik obtient une deuxième médaille en argent dans la catégorie « traitement des métaux ».
Verres vintage Zlata Zuzana

Zlata Zuzana. Suzanne en or.

C’est à partir de 1954 qu’il travaille sur une collection de verre qui s’appellera plus tard Zlata Zuzana. Il a inventé une paire de pinces spéciales pour pouvoir créer cette bille si reconnaissable au niveau du pied du verre. L’harmonie de cette création se trouve dans le rappel du la bille dorée avec le liseré doré du verre.
a qui cette pièce?

A qui cette pièce? La réalité de mes recherches!

La réalité est qu’il est difficile de trouver le fabricant, l’artiste, le designer qui a crée la pièce. Peu d’auteurs signaient leurs œuvres. Peu de catalogues du début du 20.siècle sont conservés, probablement détruits ou « enterrés » par le parti communiste après son arrivée au pouvoir en 1946.
artisanat slovaque.folklore.broderie

Artisanat slovaque. Folklore. Broderie.

Les Slovaques privés de leur langue et de l’enseignement trouvent des solutions. Par exemple une riche tradition orale avec les comtes transmis de générations en générations mais également une expression artistique avec l’artisanat traditionnel qui perdure encore aujourd’hui. Ce qu’on appelle en France « la culture populaire » et qui est souvent sous-estimée, fait partie intégrante de l’héritage culturel slovaque. En Slovaquie on parle de folklore.
Crochet. Peu d'histoire, un peu plus de recyclage et mes inspirations.

Crochet. Peu d’histoire, un peu plus de recyclage et mes inspirations.

je découpe les tissus en bandes pour en créer par exemple des carpettes. Il faut souligner quand même que le résultat présente des irrégularités, des nœuds apparents. Mais pour moi, c’est ainsi que je respecte la matière et la technique ! Et puis, j’utilise les fins de fils pour embellir des bouteilles, des pots en verre et ainsi créer des petits objets sympathiques et éco-responsables pour la décoration d’intérieur.
Design tchécoslovaque et ma passion

Design tchécoslovaque du 20. siècle et une passion qui est née.

Dans l’aménagement intérieur, le client doit participer activement à la création de son intérieur individualisé. Le mobilier est plus léger et donc facile à déplacer. Il est également moins haut pour alléger l’aspect visuel de la pièce. Sa fonction est polyvalente, son architecture est plus simple pour permettre d’assembler à l’infini les éléments divers du mobilier

La mode en Slovaquie après la seconde guerre mondiale

Le monde se relève. Chaque pays à sa façon !

 La période d’après-guerre est marquée par l’existence du marché noir et le manque de matières premières dans l’industrie. Celle-ci a du mal à répondre aux besoins de reconstruction de tout un pays. En plus de ce contexte difficile mais mondial, l’arrivée des communistes au pouvoir en 1948 provoque une réorganisation totale et radicale de l’économie nationale.  

Du privé au national. L’idéologie à travers les vêtements.

 L’industrie d’habillement ne fait pas exception dans la révolution communiste. Les ateliers privés sont nationalisés. Cependant, le nouveau pouvoir comprend l’importance de la mode pour diffuser son idéologie. Pour cette raison, on investit beaucoup dans cette industrie. Le vêtement doit refléter les valeurs morales mais souligner également sa propre identité. La société communiste lutte contre le luxe et le capitalisme, souhaite gommer les différences sociales. La mode, notamment féminine, doit correspondre aux nouveaux besoins de la femme qui travaille. Puisqu’il est compliqué d’habiller toute une nation avec les procédés de fabrication lourds et les belles et coûteuses matières de la période d’avant la guerre, l’industrie se tourne vers les solutions plus économiques. On s’inspire de l’habillement traditionnel et populaire et on habille tout d’abord les travailleurs. On préfère les tissus locaux et naturels comme le lin ou imprimés à l’indigo ainsi que les techniques traditionnelles comme la dentelle ou la broderie. L’économie se fait aussi en baissant le nombre de modèles et la qualité de fabrication. En liquidant les ateliers privés, on crée des « coopératives » comme VZOR ODEV qui font de la couture sur mesure ou pour des catégories particulières – enfants, grandes tailles ou lingerie. Il existe également une coopérative très connue VKUS BRATISLAVA qui s’occupe en plus des costumes de théâtre. Trois usines sont fondées en Slovaquie : à Trencin, à Presov et Makyta Puchov. Cependant, la fabrication en Tchécoslovaquie est gérée par Prague qui valide les collections pour les marchés intérieur et extérieur. Les communistes investissent dans la formation des professionnels. Ils comprennent l’importance de la publicité.  Pour le développement de la mode, ils n’hésitent pas à envoyer les stylistes à l’étranger. Ils impriment un magazine de mode « Moda » qui doit influencer massivement les femmes au niveau des questions de l’esthétique et de la fonctionnalité du vêtement.  

Les années 50 avec le recyclage et la polyvalence du vêtement

 Le défilé de mode New look de Christian Dior à Paris en 1947 apporte une nouvelle tendance – la silhouette en X. Malgré la condamnation du luxe et du gaspillage par le système communiste, la mode tchécoslovaque s’inspire bien de cette tendance en l’adaptant au contexte. On encourage la création et la couture à la maison, les patrons pour confectionner les vêtements ne manquent pas ! A la maison on revisite les vieux modèles, on les modernise, on les personnalise. Les femmes préfèrent les habits polyvalents qu’elles peuvent mettre à plusieurs occasions juste en les accessoirisant (col, ceinture, bijoux, dentelle, broderie). On constate le retour du foulard à la place du chapeau. En plus, ce carré de tissu permet de distiller des messages importants sur le travail ou la paix par exemple. Concernant la mode masculine, celle-ci subit moins l’influence des tendances. Elle reste plus classique. L’habit doit être informel, pratique et doit répondre aux besoins de l’homme sportif. La chemise est remplacée par le petit pull.  

Les années 60 et l’individu qui compte !

 Ce sont les années du dégel ! La mode tchécoslovaque s’inspire de plus en plus des tendances étrangères. On constate de moins en moins de différence entre l’est et l’ouest ! Les collections sont présentées de telle façon que chaque femme peut s’exprimer en combinant les couleurs, les motifs ou les matières. Les clients exigent de la qualité et de la tendance ! Le culte de la jeunesse s’impose aussi en Tchécoslovaquie, notamment l’image de la femme Lolita représentée par le mannequin Twiggy. Cet esprit de libération se voit aussi dans le fait que pour la première fois Christian Dior organise un défilé de mode à Prague en 1966. Cela donne, en plus, la possibilité aux stylistes tchécoslovaques de comparer les tendances ! L’abstrait et le ludique s’invitent dans les tissus. Les lignes sont en général plus naturelles, épousent le corps, les jupes sont plus courtes. Les femmes aiment les silhouettes en H, en Y ou A. On remarque le retour des chapeaux mais aussi l’apparition des capuches, des chapkas ou des turbans.  Les robes de mariés se présentent avec des minijupes et les femmes portent le pantalon pour n’importe quelle occasion et pas seulement au travail. A la fin des années 60 et avec l’arrivée des Hippies, on utilise dans la confection la technique du crochet, imprimés fleuris, le jeans et le T-shirt. Au niveau des matières, on privilégie toujours des tissus locaux mais les matières synthétiques qui font leur apparition sont plus faciles d’entretien et moins coûteuses. On intègre aussi le fil métallique et on propose les tissus comme le lurex ou le lamé.  

Les gens normaux se débrouillent !

 Etant enfant dans la Tchécoslovaquie communiste, j’ai eu beaucoup de chance ! Ma maman était couturière ! Elle cousait, elle transformait, elle valorisait…Grâce à elle je me   suis toujours trouvée tendance malgré le fait que par exemple pour l’hiver dans toute la Slovaquie il y avait 5 modèles de blousons pour fillettes. On était habillé tous pareil ! Enfin comme aujourd’hui avec les multinationales. Les pieds de nos enfants sont tous chaussés par les mêmes marques…Je ne sais pas par quel miracle elle réussissait à se procurer les BURDA avec les patrons ! Je les ai regardés à nouveau l’été dernier et je me suis rendue compte qu’avant 1990 ils étaient tous traduits en russe et ensuite on avait la version allemande. Cela ne change rien car les patrons sont tous les mêmes ! Pour écrire cet article je me suis appuyé sur l'œuvre: K Dejinam dizajnu na Slovensku .  
La majolique de Modra.

La tradition de la majolique de Modra.

En 1883, la ville de Modra avec Le ministère hongrois de l’Industrie créent une école professionnelle de céramique. Grâce à cette école et sa manufacture, la faïencerie de Modra continue de produire encore aujourd’hui. Au départ, les élèves apprennent les bases – savoir tourner, peindre et cuire les objets en céramique. Plus tard, la manufacture devient privée mais sa tradition ainsi que le catalogue des objets sont repris par les nouveaux gérants. C’est entre les deux guerres que la faïencerie de Modra connaît un grand succès. La manufacture emploie des artistes professionnels qui transmettent savoir faire en peinture aux céramistes. La faïencerie est mondialement reconnue et récompensée par exemple lors de l’Exposition universelle de Paris en 1926 où elle obtient le Grand prix !
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