Tesla Bratislava. Pour les adeptes des radios vintage!

Tesla Bratislava. Pour les adeptes des radios vintage

Cette fois-ci je me lance dans un domaine peu maitrisé. Je ne suis vraiment pas douée en technique  ni en électronique. Mais il m’est impossible d’ignorer la société Tesla Bratislava. D’abord, je crois que  toutes les familles de l’ancienne Tchécoslovaquie possédaient au minimum un produit qui sortait de leur usine. Ensuite, une chineuse comme moi tombe forcément sur les radios, gramophones ou téléviseur vintage, très vintage !

Tesla Bratislava est fondée comme filière de la société hongroise Tunsgram en 1938. A partir de 1948, avec l’arrivée des communistes au pouvoir,  elle fait partie de la société nationale TESLA qui siège à Prague. Elle devient plus indépendante en 1950.

C’est l’électrotechnicien serbe Nikola Tesla qui a inspiré au départ le nom de la société. Mais au moment de la création de la fabrique, Nikola Tesla est déjà mort et n’a pas pu donner son accord pour l’utilisation de son nom de famille. Désormais, on invente l’abréviation de deux mots : Te( technika) Sla (slaboprudova – basse tension).

La principale activité de Tesla Bratislava est la production des radios et des ampoules de tous genres – les radios domestiques, portables et même pour les voitures. On augmente régulièrement la capacité de production pour arriver à 100 000 radios fabriquées annuellement en 1953. La société crée en 1958 son propre lycée professionnel avec plusieurs filières comme la mécanique, l’électromécanique et autres. Ainsi elle forme ses futurs salariés.

La section de développement et de design se met en place. Deux designers sont au début de cette activité – Jan Vikrut et Viktor Knotek. On y emploie également 4 femmes graphistes et d’autres designers rejoignent la société comme par exemple Pavol Thurzo qui devient dans les années 1970 le directeur de cette section.

 A un moment donné, il y a également TESLA Praha qui fabrique des radios et ainsi s’installe une concurrence entre les deux, notamment dans l’introduction des nouveaux procédés de fabrication. C’est une profonde réorganisation qui permet de préciser qui fabrique quoi. Tesla Bratislava se retrouve alors en situation de monopole dans la fabrication des radios avec une petite filière à Dunajska Streda en Slovaquie. Dans les années 1970, on débute à Bratislava la production  des calculatrices.

Une collaboration avec la firme Philips est mise en place, on crée la société AVEX avec la participation étrangère. Le but de cette collaboration est d’élaborer une gamme de vidéo magnétophones et lancer leur production. On débute aussi la fabrication des ordinateurs personnels et des écrans (displays). Pour cette raison, la fabrication des radios et des calculatrices est tout doucement transférée à Dunajska Streda.

Après 1989, la production des ordinateurs n’arrive pas à concurrencer les produits étrangers et en 1991 Tesla Bratislava est liquidée. On essaie de sauvegarder la filière de Dunajska Streda et sa fabrication des radios en la renommant Progresson. Cependant, celle-ci ne tient pas non plus face à la concurrence et ferme ses portes en 1996. Ces deux sociétés employaient environ 3000 salariés. Il est difficile de trouver plus d’informations sur Tesla Bratislava car elle est tombée complètement dans l’oubli.

Au  niveau national tchécoslovaque, TESLA se forme en regroupant 16 usines. A la fin des années 1950 et en réorganisant la société, elle se compose finalement de 7 filières sur tout le territoire. Avec le développement industriel de la Slovaquie, une nouvelle filière se crée. Il s’agit de TESLA Orava qui se spécialise dans la fabrication des téléviseurs.

Jan Vikrut – il fait ses études au lycée supérieur électrotechnique de Bratislava. Il prend une part active à la naissance de la  section de construction et de design à TESLA Bratislava. Il dessine les premières radios. Dans les années 1960 il part pour Egypte où il aide à la mise en place de la fabrication des appareils radiophoniques. A son retour, il rejoint TESLA Vrable où on fabrique des reproducteurs, les amplificateurs et autres. Finalement, il dessine pour toutes les filières de Tesla. Il amène aussi des progrès dans la production électronique en Slovaquie. Vikrut obtient des prix pour son travail lors des expositions nationales. Il dépose 13 brevets. Le Ministre de la culture le nomme en 2009 personnalité du design slovaque.

Pavol Thurzo – est né à Bratislava. Il fait ses études au lycée des arts industriel a Kremnica en Slovaquie. Il devient directeur de la section du développement et du design à Tesla Bratislava en 1975. Son premier modèle est la radio Tesla Domino. Ensuite, il part à l’armée. A son retour il dessine avec Mario René Kratochvil un ensemble innovant qui se vend dans les années 1980 sous le nom « Mini systém ». Il se compose d’un tuner stéréo, d’un amplificateur stéréo, un magnétophone à cassette et des reproducteurs. Il y ajoute en collaborant avec Tesla Litovely un gramophone redessiné pour obtenir un style harmonieux avec le reste.

Dans les années 1980 il poursuit sa scolarité à l’Université technique de Kosice. Il y travaille justement sur l’idée d’une signature globale et reconnaissable pour Tesla Bratislava. Par exemple, les téléviseurs et les magnétophones à bandes devaient être dimensionnés pour le reste de produits comme « le Mini systém ». Il élabore aussi « le gramophone laser » ce qui devient plus tard le lecteur CD. Il souhaite apporter des innovations. Malheureusement, la direction générale ne le suit pas. Suite à cette situation, un procès juridique est entamé. Pavol Thurzo le gagne deux ans plus tard.

Pavol Thurzo crée aussi la dernière radio de Tesla Bratislava « Progresson » qui est fabriquée jusqu’en 1991. Il obtient de nombreux prix dans son domaine tout au long de sa carrière et dépose 20 brevets dont la moitié s’est vraiment réalisée.

En préparant cet article, je me suis rendue compte que les produits Tesla n’avaient rien à envier. Enfin, esthétiquement parlant, car je ne sais pas évaluer le reste. Les matériaux utilisés étaient toujours en accord avec leur époque – la bakélite, le bois, le laiton, le cuir et le plastique. Il s’agit vraiment de beaux objets. J’essaie d’en chiner quelques-uns mais ils sont assez collectionnés en Tchéquie et en Slovaquie aujourd’hui, la concurrence est rude ! Mais je ne baisse pas les bras, je vais y arriver. Et encore un petit détail. Je choisis toujours les objets qui fonctionnent et si non, mon beau père prendra beaucoup de plaisir à me les réparer – c’est son hobby !

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