Mes jouets. Une histoire plein de nostalgie.

Mes jouets. Une histoire plein de nostalgie.

Cette fois-ci, j’avais envie de traiter un sujet moins sérieux….Enfin, cela dépend de chacun mais d’habitude je ne suis pas nostalgique et je n’aime pas revenir dans mon enfance. Là, c’est un peu différent. En chinant des objets pour vous, je suis tombée sur les jouets vintage tchécoslovaques. Surprise, mes jouets ! J’ai reconnu des objets qui ont rempli mon univers quand j’étais petite. Une certaine émotion s’est manifestée mais surtout l’envie de les montrer à mes proches pour leur raconter ma vie, la vie d’une petite slovaque dans une Tchécoslovaquie communiste !

Ensuite, si vous avez lu mon histoire sur ma boutique, vous le savez déjà, peut-être, mais je suis éducatrice de jeunes enfants de métier. Mon expérience auprès des tous petits a aiguisé mon regard sur les jouets, leur intérêt. Bizarrement, je me rends compte que mes jouets étaient plutôt bien pensés, attractifs et combinables. Super, non ?

A la fin, quand même, je me ressaisie et je vous parlerai de deux designers tchécoslovaques qui ont consacré une partie de leur travail à l’environnement de l’enfant : Libuse Niklova et Vaclav Kautman. La première était inventive, curieuse, avec un dessin simple mais efficace. Puis, si vous avez lu mon article précédant sur Kautman, vous savez son amour pour le bois qui se reflète aussi dans les formes de ses animaux.

Comme la tradition le veut, je vais traiter ce sujet selon  les périodes de mon enfance. Evidemment, je ne vais pas pouvoir vous montrer tous les jouets que je possédais ! J’ai choisi les emblématiques, ceux qui ont provoqué chez moi une émotion. Comme n’importe qui, je ne me rappelle pas de ma toute petite enfance ! Mais autour de 5-6 ans je commence à me souvenir. Donc,  j’aimerais bien vous parler d’abord des barrettes pour les cheveux. Surtout celles en forme de pâquerettes et de coccinelles. Je voulais absolument que ma mère me coiffe comme « Bambulka », avec deux couettes et des jolies barrettes. Bambulka était une série de courts films pour enfant avec comme héroïne Bambulka, une petite fille qui est arrivée dans la vie d’oncle Jozef cachée dans un colis en carton ! Bon, un peu moralisateur avec un le recul mais à l’époque j’ai adoré.

 Ensuite, j’ai eu de la chance d’avoir à la maison un projecteur avec des contes traditionnels. J’ai passé des moments merveilleux à les regarder avec ma sœur et mon frère et surtout à raconter les histoires ! Car le projecteur nous diffusait de belles illustrations mais il n’y avait pas de sons. Et là, je dois remercier ma grand-mère maternelle et ma mère qui m’ont raconté beaucoup d’histoires. Nous n’avons pas eu beaucoup de livres à la maison et en Slovaquie, la transmission orale était encore vivante. C’est comme ça que j’ai appris par exemple un très beau conte « Maruska et les douze mois ». Encore une histoire de bonne petite fille et de sa méchante marâtre !

Puis, l’école primaire arrive. Je crois que dans toutes les familles nous avons eu des jeux qui nous aidaient d’une manière ludique dans les apprentissages, notamment la lecture et les mathématiques. Moi, je me rappelle bien de ce jeu où il fallait créer des mots avec de toutes petites lettres sur des lignes en relief. En plus de la manipulation si importante dans la mémorisation, je m’entrainais dans la motricité fine car les lettres étaient toutes petites et les emboiter sur les lignes n’était pas toujours commode. Je me dis aujourd’hui, tant mieux, car ce travail demandait une certaines concentration. Pourtant, l’utilisation de ces plaques en plastique ne m’apparaissait pas comme une obligation à l’époque. Bien au contraire !

Pendant les vacances scolaires, nous avons été gardés souvent par ma grand-mère maternelle. Parfois chez elle, à la campagne, parfois on allait ensemble chez ma marraine en Moravie ! De temps en temps, enfin régulièrement, elle m’achetait une petite poupée, minuscule,  en cellulose, avec les bras et les jambes détachables grâce à un système d’élastiques. Mais surtout, avec plein d’accessoires ! Biberons, baignoire, berceau…C’était très pratique car de petite taille, la poupée pouvait m’accompagner partout ! Un peu plus tard, une activité a bien occupé mes journées. On s’achetait des plaquettes en papier épais avec un ou deux mannequins et avec des vêtements et plein d’accessoires pour compléter le look. D’abord, il fallait tout découper et ensuite on pouvait créer plusieurs combinaisons pour la même marionnette. Cette activité ne coutait pas chère mais je me sentais comme une styliste à chaque fois !

Plus tard, quand j’ai intégré le second degré du primaire (le collège en France), j’avais une période pendant laquelle je voulais avoir des animaux. Une fois, j’ai demandé au « petit Jésus » (c’est lui qui apporte les cadeaux à Noël aux enfants slovaques) un singe. Un vrai ! Quelle déception quand j’en ai trouvé un sous le sapin mais en peluche. Exactement le même que sur la photo mais il était blanc crème. Mais avec ces longs bras, j’ai pu le transporter partout sur mon dos. Finalement nous sommes devenus inséparables. Plus tard, quand il a perdu sa queue, je l’ai offert à ma nièce qui l’adorait autant !

L’année suivante, je me suis dit  qu’il fallait être plus raisonnable. Donc j’ai demandé au petit Jésus un chien. Et désormais l’histoire s’est répétée ! J’en ai reçu un qui marchait, aboyait et tournait la queue de plaisir….Il était mignon mais pas vrai. J’ai joué moins avec ce beau jouet car vous le savez bien, les jouets à piles ne sont pas très créatifs et  ne développent pas l’imaginaire de l’enfant. Il faisait toujours la même chose et il fallait l’observer….Aucune interaction. Cependant, je l’ai gardé très longtemps

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Je voudrais juste faire une petite parenthèse dans ce récit. Une parenthèse verte et rigolote. Avec l’école mais surtout avec ma famille, nous faisions souvent des randonnées et des séjours en Slovaquie ou en Tchéquie. Et comme tous les enfants, moi aussi, j’avais envie à chaque fois de m’acheter un souvenir. Nous avions, les enfants de ma génération, un faible pour une curiosité. Le hérisson qui fume ! On pouvait l’acheter dans des cabanes à souvenirs, je vous jure ! Aucune éducation ni morale. Le hérisson était petit, en plâtre peint à la main, souvent habillé et avec un lot de toutes petites cigarettes ! Il fallait alors introduire celles-ci dans sa bouche, les allumer et le hérisson tirait dessus ! C’était magique jusqu’au moment où je n’avais plus de cigarettes ! Et on les trouvait juste dans les cabanes à souvenir, il fallait donc attendre un prochain voyage….

A mon adolescence, deux jeux  me viennent à l’esprit. Concernant le premier, il s’agit d’un casse tête qui concurrençait le rubiks cube, et que nous appelions « La tour ». Il fallait rassembler les billes de la même couleur verticalement. En plus, l’objet avait souvent des couleurs douces et pastel. Pour moi, aussi compliqué que le rubiks cube et à l’époque il n’y avait pas de Youtube pour vous montrer comment y arriver.

Quant au deuxième objet, c’ était la première console de jeu électronique portable sur le marché. Pourtant, elle était de fabrication russe. Je crois que j’étais la première dans le quartier à l’avoir ! Extra. Le loup qui se trouvait en bas de l’écran devait attraper les œufs de la poule pondeuse qui était en haut de l’écran. Les russes ont repris le dessin du loup de leur série de dessins animés très populaire en Europe de l’est «  No pockaj, zajac ! » (Attends-toi à moi, le lapin !) J’ai passé beaucoup de temps à ce jeu mais je n’en ai jamais reçu d’autres car comme en France, des nouveautés de plus en plus performantes sortaient souvent.

J’aimerais bien finir cet article en vous présentant deux personnalités qui ont participé activement à l’aspect esthétique des jouets pour enfant. En premier, il s’agit de Libuse Niklova. Une célèbre designer tchèque de jouets qui crée quelques objets iconiques comme les personnages en caoutchouc, les animaux avec le corps en accordéon ou des jouets gonflables. Effectivement, après la guerre, les fabricants abandonnent le bois car c’est un matériau cher pour son époque et se tournent vers le plastique. C’est ce dernier que Niklova travaille d’une manière joyeuse, fonctionnelle  et esthétique ! Elle dépose quelques brevets pour certaines créations. Niklova collabore avec la fabrique Fatra. Son travail a été éxposé aussi au Musée des Arts Décoratifs à Paris en 2010.   

Deuxièmement, je voudrais revenir sur Vaclav Kautman dont j’ai parlé dans mon article la semaine dernière. Lui, il a continué à travailler le bois. Il imagine une collection de 6 animaux sauvages qu’il appelle « Du ZOO ».  Il s’agit des petites sculptures en bois, avec une forme stylisée mais tout en respectant le véritable corps et expression de chaque animal. Pour leur fabrication il a utilisé le bois de mélèze.

Voici un voyage autour de mes jouets, avec des souvenirs et de la nostalgie. Je me pose la question, est-ce que mes clients pourraient être intéressés par des jouets vintage tchécoslovaques ? Qu’est ce que vous en pensez ? Je pense qu’il faudrait les utiliser plutôt en tant qu’éléments décoratifs de la chambre d’enfant. Parce que côté design rétro, ils sont top !

P.S. J’ai choisi la photo des « cecka »pour cet article. Moi aussi, j’étais touchée par cette folie dans les années 1980 ! Je vous laisse un super article en français sur ce produit historique !

« Lorsque j’ai dessiné les différents petits animaux, j’avais avant tout à l’esprit l’idée que l’enfant puisse jouer avec le jouet de la façon la plus créative possible. Ces animaux étant souples et élastiques, l’enfant peut s’en servir pour imiter le rampement, l’étirement, le miaulement, tels qu’il les observe dans la nature, comme s’il jouait avec un théâtre de marionnettes, à la différence d’autres jouets qui bougent à l’aide d’un balancier gyroscopique ou d’un mécanisme à ressort et où l’enfant n’est qu’un observateur passif. »
Libuše Niklová, 1964

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